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«Le dépaysement,» Jacques Lalonde, Aylmer, QC

Le dépaysement

En une soirée de résultats référendaires, tout avait changé. Auparavant, lorsque du promontoire dominant la vallée, Pierre contemplait la rivière des Outaouais suivre son débit serein, il imaginait son long périple vers le fleuve et la mer, et même vers le vieux continent.

Sa région lui apparaissait comme une invitation au voyage. II ne pouvait pas non plus la concevoir sans éprouver son rattachement à son immense pays. Un pays de la taille d’un continent, aux régions multiples, diversifiées, ayant souvent accueilli, au fil de sa brève histoire, les rescapés des fléaux et des guerres, ainsi que des personnes et des communautés en provenance de tous les coins de la planète.

Pierre pensait au Canada dont une berge donnait sur l’Atlantique et l’autre sur l’Asie, de l’autre côté du Pacifique. Comme un géant, ce pays semblait donner une main à l’Occident et l’autre à l’Orient. Et quand ce géant levait les yeux, les aurores boréales l’éblouissaient; quand il les baissait, il se sentait entraîné vers l’autre hémisphère et croyait entendre la musique des Caraïbes et assister aux danses effrénées du carnaval de Rio.

– Une bande étroite le long de la frontière des États-Unis : telle se déploie, à la largeur du continent, la grande majorité de la population du Canada, se dit Pierre.

Et cette grappe de communautés aussi diverses les unes que les autres constitue le tissu humain d’une myriade de régions, de cultures, de modes de vie.

L’imagination de Pierre subissait en même temps une attraction vers le Nord, ces territoires immenses qu’il espérait bien explorer un jour pour découvrir, au sein même d’un pays marqué pourtant au coin de la modernité, les témoins d’une civilisation qui puise encore aujourd’hui son inspiration dans les gestes quotidiens et dans la nature, mais au-delà des apparences, avec une réalité ouverte sur le sacré et entretenant des rapports avec de mystérieuses divinités.

– Ma région, poursuivait-il dans son monologue intérieur, est toujours en place, intacte, avec sa rivière qui mène au fleuve, son fleuve immense qui prend les proportions d’un golfe pour s’ouvrir sur la mer.

Et pourtant, ce n’est plus pareil. Agglomérée désormais à un nouveau pays coupé de ses partenaires de l’est et de l’ouest, du nord et du sud, on dirait que la perception de ma région m’oblige aujourd’hui à rebrousser chemin et à réduire le champ de ma vision.

– Je me sens à l’étroit. Soudainement.

Pierre avait le sentiment que le monde se rétrécissait autour de lui. Les grands espaces intérieurs que lui inspirait son pays d’origine et qui lui donnaient le goût d’une communication élargie, voici qu’ils s’évanouissaient. Sa région était devenue un terroir. La rivière des Outaouais délimitait une nouvelle frontière.

D’un côté, de l’autre.

Depuis la soirée où, vers 21 heures, le journaliste de Radio-Canada avait annoncé que si la tendance se maintenait, la majorité des Québécois auraient opté pour la souveraineté, les gestes que Pierre accomplissait machinalement, comme celui de franchir un pont pour gagner le lieu de son travail, prenaient une tout autre signification. Dans les voitures qui voyageaient en sens inverse, il rencontrait des étrangers. Et en traversant le pont, il pénétrait désormais dans un pays différent du sien.

Dorénavant, des liens étaient rompus entre les résidents des deux rives.

Sans s’en rendre compte, Pierre dépassa de quelques kilomètres la vitesse permise sur la promenade longeant la rivière.

   – You are in Canada, here. You should follow our rules!

Pierre n’eut d’autre choix que d’accepter la contravention, rédigée en anglais seulement, que lui tendait l’agent de la circulation. Auparavant, il aurait plaidé sa défense en sa langue, comme il en avait eu le droit ; peut-être même aurait-il obtenu un avertissement plutôt qu’une amende à payer au guichet de la police d’un autre pays.

– Toutes ces luttes menées pendant plusieurs années et aujourd’hui inutiles pour obtenir le droit d’usage de ma langue partout dans la région. Désormais, je ne pourrai plus savourer à tout le moins le plaisir de réclamer l’égalité linguistique en sol ontarien en tant que Québécois.

Et Pierre d’esquisser un sourire en se rappelant son refus de payer une contravention rédigée en anglais seulement dans sa capitale nationale, ce qui lui avait valu une nuit en prison.

Mais il s’agissait de beaucoup plus que cela dans les émotions qui l’envahissaient. II avait eu jusque-là l’impression de contribuer, par son activité professionnelle et son appartenance à sa région, à la configuration même d’un pays qui avait réussi l’alliage de ses richesses linguistiques et culturelles. Désormais, dans une déclaration paradoxale de sa souveraineté, sa région se repliait sur elle-même.

De nouvelles confrontations se préparaient. D’un côté, on ferait disparaître toute trace de la Loi sur les langues officielles; de l’autre, les communautés ethniques se verraient contraintes au français, langue d’usage à l’exclusion de toute autre dans les services gouvernementaux.

Dans certaines localités de son nouveau pays, Pierre se disait que la forte concentration francophone de maintes villes et petites communautés allait faciliter le passage au nouveau statut politique sans poser de grandes difficultés. Au sein de sa région, toutefois, l’équilibre obtenu par des luttes soutenues et aussi grâce au dialogue entretenu par des gens de bonne volonté, apparaissait menacé à plus ou moins long terme.

Pierre se faisait la réflexion que sa région, parce que frontalière, aurait souvent été dissidente dans ses gestes et options politiques.

– Ces dissidences, nous les avons maintes fois payées à leur juste prix au moment de la distribution des subventions gouvernementales en provenance de la Vieille Capitale.

Et le train des nouvelles mesures de se mettre en branle.

Au bulletin de nouvelles, la Société Radio-Canada annonça la fermeture de toutes ses stations régionales de radio et de télévision. Une seule station diffuserait en français, à partir de Montréal. En période de coupures budgétaires, la démocratie s’accommode et la priorité, c’est la majorité!

– Pierre, lui avait fait remarquer son frère qui avait toujours habité la ville de Québec, les droits collectifs, ça existe, bon sens! Tu verras bien, toutes les dissidences qui s’expriment ça et là dans notre pays enfin reconquis finiront par s’atténuer et par disparaître avec le temps.

Pierre plissait le front. II se disait qu’il avait peut-être été un rêveur en pensant que son pays réussirait le tour de force de l’unité dans la célébration de sa diversité. Cette utopie, toutefois, qui s’était nourrie et développée en lui et avait fini par engendrer son sentiment d’appartenance au Canada, se dissipait tout à coup en fumée.

L’utopie était devenue illusion.

II n’aurait plus qu’à s’adapter à la nouvelle situation. Comme plusieurs personnes de son entourage le lui faisaient remarquer, il finirait bien par découvrir les avantages de vivre dans la confortable situation des majoritaires.

Au bureau, tout avait changé avec une rapidité que Pierre n’aurait jamais cru possible. De nouvelles élections s’annonçaient pour le Canada. Personne n’acceptait que la fonction de premier ministre soit occupée par un Québécois d’origine et l’on devait se préparer à combler les sièges vacants de tous les représentants élus du Québec.

Pierre savait bien qu’éventuellement et dans un proche avenir, la Fonction publique du Canada se délesterait des milliers de fonctionnaires qui avaient pignon sur rue au Québec.

Dans les réunions de travail, non seulement la langue employée mais les sujets inscrits aux ordres du jour confinaient Pierre au silence. L’appellation Canadian prenait un tout autre sens. Les multiples références à ce terme, Pierre les entendait comme autant d’incitations à tirer les conclusions du détachement de sa région du pays revendiquant désormais pour lui seul tout ce qui était canadien.

Dans une réunion générale d’information ouverte à tous les fonctionnaires, les chefs du personnel révélèrent le calendrier de l’élimination prochaine de dizaines de milliers de postes directement ou indirectement liés au bilinguisme. La Fonction publique du Canada serait bien entendu fort réduite en nombre avec le départ prochain de tous les fonctionnaires résidant au Québec, mais leurs collègues ontariens en sortiraient gagnants et désormais libérés de toutes les contraintes linguistiques des dernières décennies.

Sur le chemin du retour à la maison en ce premier jour de l’an 1 de son nouveau pays, Pierre fut surpris par la rapidité des changements à l’horaire de la station française de Radio-Canada. Retransmise à partir de Montréal, l’émission d’affaires publiques n’avait inscrit à son horaire que des questions traitant de la métropole ou de la Vieille Capitale. De sa région, une seule nouvelle portant sur la disponibilité prochaine des fonctionnaires fédéraux habitant du côté québécois de la rivière des Outaouais et pour lesquels le nouveau gouvernement n’avait encore rien d’autre à offrir qu’une vague promesse d’intégration.

– Pour se retrouver chez soi, il faudra se donner rendez-vous en Floride! lui avait lancé en badinant un ami de l’autre côté de la rivière.

Ce soir-là, Pierre s’endormit en se demandant où il se trouvait, comme cela se passait parfois au cours de ses nombreux voyages à l’étranger.

******

   – Le jury est-il arrivé à une décision?Pierre se leva et remit au juge l’enveloppe où était consignée la décision des membres du jury qu’il présidait.

II repassait en esprit le plaidoyer des deux avocats.

L’avocat de la souveraineté avait fait comparaître une série impressionnante de témoins. Tous avaient insisté sur les démarches nombreuses du Québec pour faire reconnaître le caractère unique de cette province au sein de la fédération. On pouvait même, après des décennies, parler d’un volumineux dossier des demandes traditionnelles du Québec pour une gestion de ses affaires conforme à sa réalité unique.

Mais tous ces témoins avaient aussi indiqué comment, tout au long de trois décennies, le Québec avait dû essuyer le refus des autres provinces. Parmi les échecs les plus cuisants enregistrés tout au long de la saga constitutionnelle, il fallait mettre en début de liste la manipulation de la majorité des provinces qui voulaient en finir avec ces débats interminables et paralysants, par une minorité peu représentative de l’ensemble de la population canadienne. L’heure des choix décisifs et irréversibles avait donc sonné.

L’avocat de la défense du Canada se présenta à son tour devant les membres du jury. On s’attendait à un plaidoyer fougueux, pathétique, livré avec la conviction de celui qui est investi d’un mandat de représentation de toutes les régions d’un pays.

II semblait figé sur place. On aurait dit qu’il ne savait pas par où commencer, par quelle phrase stratégique s’adresser à l’auditoire; on voyait qu’il éprouvait de la difficulté à donner à ses premiers mots un caractère historique et à révéler en une phrase l’objet de l’enjeu.

Un malaise s’empara des membres du jury qui se regardèrent en s’interrogeant des yeux, et de l’auditoire qui murmura sa surprise et son embarras.

– Veuillez procéder, maître, la parole est à vous.

Le silence se prolongea pendant quelques secondes. Sur l’indication du juge, le greffier apporta un verre d’eau à l’avocat qui semblait paralysé par un malaise. Celui-ci le refusa. II s’appuya plutôt sur le parapet qui délimitait l’espace réservé aux membres du jury.

– Nous vous écoutons, maître, ne put s’empêcher de faire remarquer de nouveau le juge pour conserver l’atmosphère d’un déroulement normal de l’audience.

– Votre Honneur, mesdames et messieurs du jury, et vous citoyens de ce pays qui m’écoutez sur les ondes de votre station radiophonique ou m’observez sur votre petit écran… Nouvelle hésitation, presque impossible à supporter cette fois.

– Je n’ai pas de plaidoyer à vous faire entendre.

Silence de plomb dans la salle d’audience. On aurait pu entendre une mouche voler. Le juge se racla la gorge, le greffier pianotait sur la table comme s’il voulait maintenir la forme avant de se remettre au clavier de son appareil de sténographie, les membres du jury baissèrent la tête en se demandant ce qui les attendait.

– Je n’ai rien à défendre, votre Honneur, parce que c’est à l’intéressé, le peuple de ce pays, qu’il revient de dire pourquoi pendant plus d’un siècle, il a construit le Canada avec les matériaux de toutes et chacune des régions et pourquoi il voudrait maintenant défaire ce qui a été construit au fil des décennies.

Le juge mit fin à l’audience en frappant sa table d’un retentissant coup de marteau.

******

Pierre se réveilla brusquement.

Son rêve l’habitait encore comme le rappel d’un événement vécu. II s’estompa, toutefois, quand il entendit résonner le thème musical de l’émission de nouvelles …en provenance de Montréal.

Presque toute l’émission fut consacrée à l’annonce de la déclaration de souveraineté des nations amérindiennes qui précisait que, tout en respectant la décision du peuple québécois de faire son indépendance, les chefs des nations se réclamaient du même principe pour que leur territoire soit déclaré indépendant.

– C’est presque incroyable ce morcellement et cette émergence des régions, mais aussi leur prétention à ériger des frontières.

Et dire que le but recherché avait été l’établissement d’un Québec uni et fort!

Ce matin-là, Pierre traversa le pont Champlain pour s’engager sur la promenade et contempler, de l’autre côté de la rivière, sa région devenue un pays. II n’ignorait pas que, tôt ou tard, on lui signifierait que, pour son emploi, il devrait s’en remettre à son nouveau gouvernement national.

Au ministère ce jour-là, ce fut le calme plat. Ses dossiers n’avaient plus aucune pertinence, reliés qu’ils étaient au développement de la réalité francophone du pays. En circulant dans les corridors de l’édifice où il travaillait, il lui semblait que personne ne le reconnaissait. II dut se rendre à l’évidence. II n’appartenait plus au ministère des Affaires étrangères.

Pierre se disait qu’il était bien paradoxal le jeu démocratique. En votant pour la poursuite du projet canadien, il s’était en quelque sorte exclu de son ministère et en même temps démarqué de la majorité qui avait réclamé l’indépendance du Québec. II ne se retrouvait nulle part chez lui. Brisé à l’instar de sa région, elle-même partagée comme lui.

– Je suis condamné à être un étranger chez moi.

Changer de bord? Pierre savait bien que c’était impossible. II lui faudrait vendre sa maison dans un marché effondré et qu’avaient déjà fui, comme une armée en déroute, maintes familles anglophones.

Cette voie-là, il ne voulait même pas l’envisager et pour des raisons qui se situaient au-delà des intérêts financiers. Pourquoi aller s’installer dans un pays amputé de sa composante francophone et qui avait été justement le sien parce qu’il faisait place à la réalité francophone?

Pierre chercha un peu de détente dans la lecture des quotidiens desservant l’une et l’autre rive de l’Outaouais. II eut un sourire de dépit à la lecture des gros titres. Déjà on prédisait un effondrement du marché immobilier de son côté de la rivière avec le départ massif des anglophones vers Ottawa et la réintégration dans la Vieille Capitale des fonctionnaires fédéraux résidant en sol québécois, ceux et celles qui avaient toujours affirmé, en catimini, leur préférence pour la position de la souveraineté.

Quant à jouer les rôles effacés et secondaires dans une fonction publique toute consacrée aux affaires d’un pays qui ne ferait plus sa place à sa langue et à sa culture, Pierre ne s’en sentait pas capable.

L’Acadie lui semblait la seule communauté culturelle dont il pourrait épouser la destinée.

– Mais n’est pas Acadien qui veut, se dit-il. Et déjà il avait entendu les positions de chefs de file acadiens prônant que toute la péninsule de la Baie-des-Chaleurs devait chercher à s’agglomérer au nouveau pays francophone.

– Ma place est ici, pour le meilleur et pour le pire! avait-il lancé à sa femme. Mais elle avait rétorqué que sa famille à elle était franco-ontarienne, qu’elle irait rendre visite à ses parents, frères et soeurs, même si elle n’ignorait pas qu’elle serait identifiée aux gens du Québec qui avaient laissé tomber tous les autres francophones du pays.

– Tous les Franco-ontariens, à l’instar des francophones disséminés dans les provinces et territoires du Canada, devront vivre désormais dans le sentiment de solitude occasionné par la perte d’un partenaire essentiel pour le développement de leurs communautés.

– Eh bien moi, fit remarquer Emmanuelle, sa grande fille de 19 ans, je suis toujours chez moi à l’Université d’Ottawa et je n’ai pas la moindre intention d’aller compléter mes études ailleurs sous prétexte que cette université deviendra sous peu unilingue anglaise.

Et son fils de déclarer solennellement combien était prophétique sa décision à lui d’étudier à l’Université du Québec à Hull, université aussi française que les autres situées sur la rive d’en face pouvaient être anglaises.

– Tout n’est donc pas perdu, fit remarquer Pierre avec un sourire au coin des lèvres, c’est au sein de notre famille que se retrouve le patrimoine qu’on croyait perdu de la diversité canadienne!

– Papa, on te demande au téléphone.

Pendant une heure, Pierre écouta son interlocuteur sans prononcer d’autres mots que ceux qui démontraient à son interlocuteur qu’il suivait attentivement les propos énoncés. Il raccrocha sur la promesse d’être là.

– Imagine-toi, fit-il part à sa femme, qu’une coalition régionale de députés, maires, universitaires, commissaires d’écoles, gens d’affaires et maintes personnalités influentes de notre milieu veulent former un comité de la dissidence et oeuvrer pour le rattachement au Canada. Selon ces personnes, la Cour suprême du Canada accepterait d’entendre la cause de ces loyalistes. Ceux et celles qui pensaient en avoir terminé avec les discussions constitutionnelles n’avaient pas prévu basculer à nouveau dans nos obsessions traditionnelles!

Quelques jours plus tard, Pierre se retrouva au milieu d’une assemblée impressionnante de plus d’une centaine de personnes animées par le même but ultime: refaire le lien avec le pays perdu.

Sur le chemin du retour à la maison, après une journée complète de discussions gravitant autour de la défense d’intérêts particuliers facilement identifiables avec ceux des interlocuteurs, Pierre dut se rendre à l’évidence. Personne d’autre que lui ne s’intéressait vraiment à la perte, à la dissolution, à l’oblitération de la composante francophone du Canada.

Rendu à la hauteur du vieux pont, en attente aux feux de circulation, il regardait, de l’autre côté de la rivière des Outaouais, le monument de Champlain briller de ses mille feux dans la splendeur de la nuit et, un peu plus loin sur sa droite, imposant sur son roc, le Parlement du Canada.

Obéissant à une impulsion aussi irrésistible que spontanée, Pierre décida de franchir le vieux pont et de revenir à la maison par la promenade des Outaouais.

Au moment de traverser le pont, le ciel s’illumina. Les feux d’artifice du premier juillet célébraient la fête du Canada et son unité dans l’uniformité.

Quelques minutes plus tard, à l’autre extrémité de la promenade des Outaouais, Pierre s’engagea sur le pont Champlain pour se retrouver, de l’autre côté de la rivière, dans sa région désormais rattachée au pays du Québec.

Jacques Lalonde
Aylmer, Qc