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«Le Québec: adversaire ou partenaire?,» Denis Boucher, Hull, QC

Le Québec: un adversaire ou un partenaire?

L’arrivée du 3e millénaire ne semble pas avoir changé les attitudes des anglophones ni celles des francophones du Canada. Est-il nécessaire d’attendre encore 100 ans pour changer nos stratégies ?

Depuis 250 ans, les Anglais luttent toujours pour affirmer leur prédominance en terre canadienne et assurer le maintien de l’empire Britannique. De leur coté, les francophones luttent aussi férocement pour éviter l’engloutissement sous la mer anglophone d’Amérique du Nord.

On ne s’en cachera pas, la Bataille des Plaines d’Abraham est terminée, le gouvernement de Londres l’a gagné. Depuis, la méthode utilisée pour coloniser et anéantir les vaincus est celle qui a été appliquée dans le grand dessein britannique d’assurer que le soleil ne se coucherait jamais sur l’empire Britannique. Le même principe de discussion a été pratiqué en Inde par exemple et dans d’autres colonies britanniques qui ont toutes réussi à arracher leur indépendance des mains du gouvernement de Londres.

Laissons de coté les nombreuses décisions prises depuis 1755 pour se défaire de la population francophone en sol canadien : déportation des acadiens, imposition massive de l’anglais dans les autres provinces au détriment des populations francophones, Louis Riel, l’abolition du droit aux écoles francophones, l’imposition d’une langue unique (l’anglais) dans les 9 autres provinces, l’appui fédéral à la contestation massive des anglophones québécois et canadiens contre la loi 101 au Québec, plus près de nous le sort de l’hôpital Montfort, la radiation du droit d’une ville bilingue pour la Capitale du Canada, etc.

Au début de la Révolution tranquille, le Québec a connu une revitalisation politique et économique qui a débouché sur l’élection d’un gouvernement indépendantiste élu démocratiquement en 1976 et réélu au cours de 4 des 6 élections québécoises conservant au pouvoir ce gouvernement pendant 16 des 24 dernières années.

Cependant, le Québec et le Canada en sont arrivés à une croisée importante tant pour ses dirigeants que pour la population en général. Il va sans dire que la fin de non recevoir pratiquée par le gouvernement libéral d’Ottawa au lendemain du référendum de 1995 n’aura qu’exacerbé la population québécoise, celle-ci se retrouvant dans un autre dilemme.

L’indépendance du Québec est virtuellement impossible dans l’étau économique actuel. Le Québec est lié au gouvernement Canadien par une dette de 106.71 milliards $, (la part québécoise du déficit fédéral en retenant 18,5 % comme barème tel que déterminé par la Commission Bélanger-Campeau) sans parler de la dette intérieure du Québec qui atteint 88,5 milliards $. Il ne faut pas s’en cacher, économiquement, de telles contraintes éliminent toute possibilité de réussite de l’indépendance du Québec.

Nos politiciens, tant québécois que canadiens sont épuisés et vidés d’idées après 40 ans de lutte sur cette question de l’indépendance du Québec et d’un éventuel morcellement du Canada.

Les arguments, les discussions, les engueulades entre Québec, Ottawa, les provinces tournent toujours sur les mêmes points. 40 ans de tergiversations n’ont pas réglé le problème. C’est la méthode anglo-saxonne de “discuter” sans jamais rien offrir et de conserver sa primauté. La population en a assez de ces discussions oiseuses. Il nous faut aborder la question sous des angles nouveaux et surtout sortir de ce marasme politique et économique.

La politique du gouvernement québécois de toujours critiquer les gestes du gouvernement fédéral et la décision du gouvernement fédéral de vouloir limiter la portée d’une décision référendaire favorable à la séparation ou du rôle que peut jouer le Québec lors de rencontres internationales ne peut mener à la résolution amicale d’un conflit.

Rep by Pop ? (représentation by population)

Au cours des dernières années, toutes les administrations gouvernementales ont imposé des compressions budgétaires afin de rétablir sur un pied ferme les finances publiques. Pourtant, l’occasion aurait été intéressante de voir réduire le nombre des gouvernements provinciaux et territoriaux, mais il n’en a jamais été question. N’aurait-il pas valu mieux comprimer les gouvernements des 4 provinces atlantiques en un seul, suivi d’un seul gouvernement pour les 3 provinces des Plaines. On pourrait donc parler de L’Atlantique, du Québec, de l’Ontario, des Plaines, de la Colombie Canadienne et des territoires du Nord (Nunavut, Territoires du Nord-Ouest et Yukon). Le Canada se serait alors doté de 6 gouvernements provinciaux et territoriaux, équilibrant davantage la représentativité francophone au sein de la Confédération canadienne.

Le problème au Canada, c’est que de nombreux immigrants, originaires de l’Irlande du Nord, ont voulu imposer la victoire du duc d’Orange en terre canadienne. On le voit tous les ans par les défilés du 12 juillet dans de nombreuses villes canadiennes et surtout ontariennes.

Tournons-nous vers l’avenir et cessons d’être prisonniers du passé

Il est temps de mettre de coté ces vieilles luttes et de travailler ensemble à la réalisation d’un pays qui, uniquement par sa taille, pourrait être un joueur important sur la carte politique et économique mondiale sauf que les 40 dernières années ont été passées à s’affronter ce qui envenime davantage un climat politique tout en négligeant de façon flagrante le développement économique de cette nation au point qu’elle pourrait se morceler et passer dans le giron des Etats-Unis.

Denis Boucher
Hull (Québec)

On pourrait donc parler de L’Atlantique, du Québec, de l’Ontario, des Plaines, de la Colombie Canadienne et des territoires du Nord (Nunavut, Territoires du Nord-Ouest et Yukon). Le Canada se serait alors doté de 6 gouvernements provinciaux et territoriaux, équilibrant davantage la représentativité francophone au sein de la Confédération canadienne.