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«Mon pays, l’unité dans la diversité,» Laurent Isabelle, Ottawa, ON

“Mon pays” de Gilles Vigneault
me libère par ses pensées dansantes.

“Mon pays, ce n’est pas un pays”, entonne-t-il,
“c’est l’hiver”, chante-t-il.
Mais pour moi
Canadien-français: Fransaskois,
Franco-ontarien par adoption;
bilingue, d’abord d’expression française,
pour qui le Québec
seul
n’est pas et ne saurait être seule sa patrie, c’est quoi?
“C’est l’hiver”, oui, et
le printemps,
l’été et l’automne y compris!
Pourquoi moins?

“Mon jardin, ce n’est pas un jardin”, pépie-t-il,
“c’est la plaine”, cacabe-t-il.
Mais pour moi
“C’est la plaine”, je m’y connais! et
c’est en plus la mer
la montagne, la forêt,
la tundra, le lac et le roc!
Pourquoi pas?

“Mon chemin, ce n’est pas un chemin”, siffle-t–il,
“c’est la neige”, glisse-t-il.
Mais pour moi
“C’est la neige”, c’est vrai,
et la pluie,
le soleil, le vent,
le ciel bleu, les nuages,
les étoiles, les aurores boréales!
C’est tout ça!

“Mon refrain, ce n’est pas un refrain”, gazouille Gilles,
“mais rafale”, tempête-t-il.
Oui, “Rafale”, décevante
quand j’entends croissante
la surdité d’une partie d’la majorité;
mais “rafale”, angoissante
quand je vois intransigeante
la cécité souverainiste;
et “rafale”, embarassante
quand je sens gênante
la nudité séparatiste!

Mon refrain? C’est zéphyr!
Car je sens
que l’autre partie d’la majorité
cherche,
– même si ce n’est qu’à tâtons –
compréhension et bonne entente.

“Ma maison, ce n’est pas ma maison”, flûte-t-il;
“c’est froidure”, frissonne-t-il.
“C’est froidure”, c’est sûr
parce qu’elle est occupée par deux conquérants
qui, sans trop de respect pour les premiers occupants,
se disent seuls
‘co-fondateurs’.
Mais pour moi
ma maison c’est chaleur aussi!
N’accueille-t-elle pas
Indiens et Inuits,
ses habitants millénaires,
de l’Atlantique au Pacifique,
du 49ième à l’Arctique?
N’est-elle pas maison d’adoption
de milliers d’habitants
qui eux choisissent
la vie avec nous?

“Ma chanson, ce n’est pas ma chanson”, cacarde-t-il;
“c’est ma vie”, grisolle-t-il.
Mais pour moi?
“c’est ma vie”, qui
canadienne, s’épanouit dans la diversité
géographique, ethnique et religieuse,
française, se détend dans le pluralisme
linguistique, social et économique,
culturel et politique, roule vers sa destinée
par deux voix: française, anglaise,
visant à lier
comme le font les Canadien National et Pacifique,
par leurs deux voies minces mais puissantes,
l’est à l’ouest.

“Mon pays, ce n’est pas un pays”, cancane-t-il;
c’est l’envers”, croasse-t-il.
“C’est l’envers”,
n’entendant que mécontents qui vocifèrent…
mais pour moi c’est l’endroit,
interprétant les majorités parfois somnifères…

“Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver, nasille-t-il;
“C’est pourquoi je veux posséder mes hivers.”, glapit-il.
C’est pourquoi, moi, je veux posséder toutes mes saisons!

Mon pays “C’est l’hiver”
s’il n’est qu’indépendances.

Mon pays c’est le Canada,
une affirmation d’autonomies interdépendantes.

Mon pays, un Canada,
suite d’ententes:
confédération d’abord, aujourd’hui État fédéral.
Mon pays, le Canada,
fondé par trois peuples
accueillant l’immigrant qu’importe son origine.
Mon pays, le Canada,
30 millions: Canadiens, Canadiennes,
vivant dans 10 provinces,
le Yukon,
les Territoires du nord-ouest et
Nunavut;
13 à bâtir un pays fort et cohérent.

Un travail inédit.
Le publier, c’est là l’défi!

Mon pays, le Canada:
collier perlé, merveilleux,
aussi riche
que chacune de ses perles,
aussi fort et fragile
que le fil qui les lie.

“Ma chanson, ce n’est pas ma chanson”, répète-t-il;
“c’est ma vie”, ajoute-t-il.
Mais pour moi,
c’est ma vie et c’est
ma prière.

Laurent Isabelle,
Ottawa, ON